Imaginez un lundi matin. Vous avez passé la main, et le téléphone ne sonne plus.
Personne n’a rien décidé contre vous. C’est simplement que l’on a cessé, avec beaucoup d’égards, de vous demander votre avis.
Ce moment, des milliers de fondateurs le connaissent. L’entreprise familiale, celle dont la famille détient au moins la majorité des droits de vote, représente près de sept emplois sur dix en France. Pourtant, selon le baromètre EY de septembre 2026, 87 % des dirigeants disent avoir engagé une transmission, et 6 % seulement ont réellement passé le relais.
Alors que fait-on, quand on a vraiment lâché ? On se pose, en silence, une question que personne n’ose formuler : à quoi sert-on, désormais, quand on n’a plus à décider ?
Deux tentations vous guettent. Parler, et être entendu comme une ingérence. Se taire, et vous vivre absent d’une maison que vous avez bâtie. Regardez ce piège de près : il repose sur une erreur, celle de prendre le silence des autres pour un jugement.
Voici ce que je retiens : le fondateur qui a transmis ne perd pas seulement un pouvoir. Il perd le lieu où sa valeur était confirmée chaque jour, et il lui faut apprendre à exister sans cette confirmation.
Dites-le une fois, clairement, à la génération suivante : sur quels sujets vous souhaitez être consulté, sur lesquels jamais. Cette clarté soulage les deux parties. Et si le vide persiste, ne le portez pas seul. Frédéric Duplessy, psychanalyste des dirigeants et de leur famille, reçoit en toute confidentialité.
L’article complet : https://www.les-retraites-analytiques.fr/les-entretiens-la-conciergerie-et-les-retraites-analytiques/entreprise-familiale-le-fondateur-toujours-l-dont-plus-personne-ne-demande-lavis



