Imaginez une scène. Un dimanche soir, une voiture, un fondateur qui rentre. Et soudain, une phrase qui lui traverse l’esprit : « Et si je vendais ? »
Il la chasse aussitôt. Comme on chasse une pensée indigne.
Parce que dans sa famille, tout le monde suppose que l’entreprise sera transmise. Ses enfants le supposent. Ses proches le supposent. Lui-même l’a laissé entendre pendant vingt ans.
Regardons les chiffres. Selon le Baromètre EY de la transmission des entreprises familiales, publié en septembre 2026, 82 % des dirigeants privilégient la transmission au sein de la famille. Celui qui pense à vendre se sait donc minoritaire. Et ce qui est minoritaire dans une famille se tait.
Mais écoutez ce détail. Le même baromètre indique que 42 % des transmetteurs craignent de léguer un fardeau à leurs successeurs. Autrement dit, pour beaucoup, le désir de vendre n’est pas un calcul. C’est une protection.
Alors posons la question autrement. Que voulez-vous dire, au juste, quand vous pensez à vendre ? La lassitude ? L’envie de poser une charge ? La crainte de voir un enfant s’user sur une tâche qu’il n’a pas choisie ? Ou le doute, jamais formulé, sur sa capacité à reprendre ?
Ce silence a un prix. On retarde les conversations sur la gouvernance. On laisse au successeur des signaux contradictoires : un encouragement un jour, un silence le lendemain. Et un enfant se prépare, des années durant, à un rôle qu’on n’est pas certain de lui confier.
Ce que je veux vous dire ici tient en une phrase. Un désir de vendre n’est pas une trahison. Ce qui engage vraiment les siens, c’est le silence qu’on garde à leur place.
Ce désir a besoin d’un lieu où être entendu avant d’être traité. Pas la table du conseil de famille. Pas le bureau de l’avocat qui chiffre déjà les scénarios.
Lire l’entretien complet sur Les Retraites Analytiques : https://www.les-retraites-analytiques.fr/les-entretiens-la-conciergerie-et-les-retraites-analytiques/vendre-plutot-que-transmettre-fondateur-senior


